Et si personne n’était là pour nous regarder.

Il y a toujours cet instant où, dans le regard de l’autre, on se sent «un peu plus».
Cette identité tronquée… un «je suis» parfois imaginé.
Ce moment où nos désirs et la réalité se mélangent… s’entrecroisent. 

Un instant où les «peut-être que je pourrais» se succèdent.
Rêve parfois réel ou identité empruntée… le temps de quelques pensées.

Parce que si chacun se retournait…
Si ces regards s’éteignaient…
Si personne n’était là pour nous voir.
Que resterait-il de nous? 

Il y a toujours cet instant où l’on sent ce petit serrement au ventre.
Ce moment où les mots sortent plus difficilement.
Un instant où un «tic» est échappé sur l’horloge du temps.
Une pause… suspendue… face à nous même, où l’on accepte naïvement de nous mentir à nous-même. 

Puis, le temps reprend son cours.
Les «tics» se succèdent.
Les minutes, concentrées à créer une ligne du temps, laissent derrière elles ce battement de coeur irrégulier.
Continuant une course folle.
Créant des avenirs de toutes sortes, sans égards aux désirés.
Peurs grandissantes, brandissant des «Il faut» au côté du temps.

Et cette petite voix… 

Oubliée.

Qui pendant un court instant, réussi à enterrer le son du temps.

Moment où l’on s’arrête pour se regarder droit dans les yeux.
Visage à découvert, peurs bien présentes.
Coeur lourd et démasqué. 

Puis…
Ce pas de recul.
Cet instant de «Je vais peut-être disparaitre».
Ce souffle coupé…pieds  qui se retournent lentement.
Regards détournés. 

Une fraction de seconde, qui pourrait facilement être oubliée…
Où l’on suspend le temps pour inspirer.
Et malgré cette peur du «rien».
On laisse notre coeur emboiter le pas.
Refusant d’écouter le regard des autres et les «tu devrais» ou «tu ne devrais pas».
Refusant de croire que L’autre est une partie de soi. 

Une fraction de seconde où l’on suspend le temps pour expirer.
Et malgré cette peur du «pas assez».
On laisse notre petite voix raisonner nos pensées.
Refusant de laisser ces craintes et ces peurs nous guider.
Refusant de nous laisser disparaitre par peur de ne pas assez scintiller. 

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